Le trafic aérien risque d'être perturbé à partir de lundi et jusqu'à jeudi en raison d'un appel à la grève pour quatre jours de plusieurs organisations syndicales de personnels du transport aérien, dont le puissant syndicat des pilotes SNPL, qui refusent tout "service minimum".
"Le mouvement sera très suivi, dire combien, c'est toujours très compliqué mais il y aura du monde qui fera grève", a réaffirmé dimanche à l'AFP le président du SNPL, Yves Deshayes, constatant qu'il n'y a eu "aucune évolution sur les discussions".
Pourtant, la direction d'Air France indiquait dès vendredi soir qu'elle pourrait assurer "plus de 85%" des vols long courriers et surtout "plus de 80%" des vols court et moyen courriers, c'est-à-dire la France et l'Europe.
"En annonçant pouvoir assurer la quasi-totalité du programme (de vols, ndlr), la direction d'Air France néglige volontairement le fait que l'intégralité des syndicats de pilotes, d'hôtesses et stewards ainsi que la majorité des organisations professionnelles du personnel au sol appellent également à participer au mouvement", ont affirmé dimanche trois syndicats de pilotes de la compagnie, Alter, Spaf et UNPL.
De fait, outre les personnels navigants, toutes les autres catégories de l'aérien, agents en escale, ravitailleurs, bagagistes, etc..., ont été également invitées à se mobiliser. Un front commun inédit dans l'aérien, selon les syndicats.
"Je pense que ce pari d'Air France est très optimiste", a estimé Franck Mikula, président du syndicat d'hôtesses et stewards UNAC, affilié à la CFE-CGC.
L'ampleur du mouvement dépendra beaucoup de la mobilisation des pilotes. Philippe Sportès, secrétaire général du syndicat Unsa des hôtesses et stewards, le reconnaît ouvertement. "On compte énormément sur les pilotes", a-t-il dit.
Air France a pris la précaution d'avertir que les pourcentages de vols prévus pouvaient être revus en fonction du nombre de personnels qui se présenteront au travail, ceux-ci n'étant pas contraints de se déclarer grévistes.
Et Aéroports de Paris a conseillé aux voyageurs de bien s'informer auprès de leur compagnie.
Le projet du gouvernement, qui passe par une proposition de loi du député UMP des Bouches-du-Rhône Eric Diard, prévoit d'imposer aux grévistes l'obligation de se déclarer individuellement 48 heures à l'avance.
Il prévoit aussi un devoir d'information pour les compagnies avec des prévisions de trafic 24 heures à l'avance.
Ce texte est inspiré de ce qui existe dans les transports terrestres depuis 2007, notamment à la SNCF et la RATP, sociétés publiques, et appelé abusivement "service minimum", car il n'y a pas de réquisition de personnels.
La ministre des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé qu'il ne s'agissait pas d'"une atteinte au droit de grève".
Pour les syndicats ce projet va remettre en cause le droit de grève. "Il faudra se déclarer, il y aura des pressions hiérarchiques, ce sera inscrit dans le dossier professionnel (...). Très concrètement le salarié (de ces entreprises privées, ndlr) ne pourra plus faire grève", estime M. Sportès.
L'opposition au texte se juxtapose avec le mécontentement interne à Air France où nombre d'accords sociaux doivent être remis en cause, en vue d'un retour à la rentabilité.
"Vendredi lors d'un comité central d'entreprise ils vont rayer d'un trait de plume 40 années d'accords", a affirmé le président du SNPL.
"Air France ne traite pas mal ses salariés mais notre modèle est à bout de souffle", a déclaré dans le Journal du Dimanche le nouveau président de la compagnie, Alexandre de Juniac.









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